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A propos de L’ivre, carnet « l’hiver », 2011, éd. de la Caille

Tranströmer, le dernier prix Nobel de littérature, est un poète, aujourd’hui très âgé.
Ses écrits sont considérés par la plupart des lecteurs suisses comme obscurs, à peu près incompréhensibles, peu harmonieux « à l’oreille ». Chacun de ses livres, en Suède (on y dénombre autant d’habitants qu’en Suisse), est pourtant et très rapidement vendu à 30 000 exemplaires, en moyenne.
Essayant d’éclairer sa conception du poème et son travail, son traducteur en français parle « de l’apparence changeante à travers laquelle ce monde nous parvient,
lorsque nous abandonnons la perspective stable, incarnée par un point de vue unique, pour des “points de l’œil” mobiles qui forment le regard réel. »
Je crois que c’est très proche de ce qui a, pendant une année entière, animé Denis Matthey-Claudet (en tant que
photographe) lors d’une halte qu’il faisait, toujours à la même heure, la même soir de chaque semaine, au même endroit aux environs de Genève mais, selon la saison bien sûr : à la nuit tombée, au crépuscule, ou dans une clarté de fin de soirée…
Ces 8 clichés ont été choisis parmi des centaines, tous réalisés en dansant, tournant, glissant, auprès du même arbre, un arbre seul. Sans aucune retouche de l’image en sa forme, mais en farfouillant dans les noirs de ces nuits, toutes traces de lumières.
Quant à moi, j’ai tenté de m’accorder à ce pas de transe, pour ainsi dire. De lui offrir une résonance, à l’intérieur de quelques mots, entre eux aussi, dans leur embarras ou leur nécessité.

Jq.-P. Amée, 5 mars 2012
Djmc, ce 25 mars 2012